Sylvain Poissant nommé président d’honneur des Grenadiers

20561728_338187773285209_443342635_n

CHATEAUGUAY – La direction des Grenadiers de Châteauguay a annoncé jeudi dernier que Sylvain Poissant sera le prochain président d’honneur de la Classique annuelle (Tournoi du Coach) qui aura lieu le 5 septembre prochain au Club de Golf Bellevue à Ville de Léry.

Lorsque l’organisation m’a confirmé la nouvelle, j’ai décidé d’aller le rencontrer afin d’en savoir plus sur l’homme en question.

« Salut, Sylvain, j’aimerais que tu me dresses une courte historique sur toi »

« Je suis un gars natif de Mercier. J’ai resté ici jusqu’à l’âge de 20 ans. Je suis une personne qui s’est impliqué beaucoup dans les sports dont naturellement le hockey. Comme certains, je n’ai pas évolué dans des hautes catégories, mais lors de ma deuxième année pee-wee, j’ai décidé de commencer à arbitrer. C’est à ce moment-là que j’ai rencontré l’actuel gouverneur des Grenadiers de Châteauguay Benoit Perron. À l’époque, les Grenadiers n’existaient pas. Les jeunes désireux de faire le camp d’entraînement midget AAA devaient aller soit à Gatineau ou avec le Lac St-Louis.

Je te parle et ça me remémore certains souvenirs. Lors de mon adolescence, je pouvais passer 300 heures par année dans les arénas que ce soit au Centre Sportif de Mercier à Léo Crépin ou Guy Scott à Châteauguay. Peu de temps après, j’ai eu un stretch de huit ans au baseball. J’ai été entraîneur-chef dans le midget AAA et coach adjoint dans la Ligue de Baseball Junior Élite du Québec. Par la suite, j’ai eu des blondes ce qui a fait en sorte que je me suis retrouvé a coaché dans des catégories moustique B et atome A (rire).

Au niveau académique, j’ai un DEC en science humaine profil administration. J’ai par la suite obtenu un baccalauréat en kinésiologie.

Durant mes études, j’ai été coordonnateur dans des centres aquatiques comme l’Aquadome de LaSalle ainsi que le Polydium. Également, j’ai fait des activités parascolaires. C’est à cette époque que j’ai rencontré entre autres Charles-Olivier Patenaude et Jonathan Truchon.

La maladie

Sur Jonathan Truchon, nos vies se sont croisées. Je l’ai aidé, accompagné dans son combat. En 2006, j’ai reçu un diagnostic de mélanome métastatique. À ce moment- là mon lien avec lui s’est resserré de beaucoup. Nous étions tous les deux pris avec la maladie. Ayant été diagnostiqué pour un cancer de la peau, je n’étais pas opérable au Canada. J’ai donc passé 5 ans au National Institute of Health (NIH) de Washington pour y recevoir des traitements expérimentaux.

Lorsque j’ai reçu ce diagnostic, j’ai décidé de m’impliquer avec Baseball Québec. J’ai écrit des livres basés sur des programmes d’entraînements.

Par la suite, la maladie est revenue plus intensément avec des métastases au foie. Je les ai toujours au moment ou  l’on se parle. Je me suis dit là j’ai deux options : est-ce que je crève ou je continue ? J’ai accepté ma maladie et décidé de faire de la prévention.

J’ai donc été voir la Société canadienne du Cancer. Je suis ambassadeur pour eux. Je fais des conférences afin de sensibiliser les gens contre le cancer de la peau. Mettez-vous de la crème, un cache-cou lorsque vous êtes au soleil. Plus jeune, durant la période estivale, quand j’étais sauveteur, je ne me crémais pas. Je ne portais pas attention à ça. Aujourd’hui si je peux prévenir et conscientiser le plus de monde que possible ça va être un gros plus.

De la persévérance, c’est important d’en avoir. Lors d’un gros traitement, j’ai perdu 35 livres. Ça m’a pris un an avant de pouvoir courir 3 km. J’arrivais à la maison et je vomissais. Mon père me disait ralenti ton trajet. Je lui répondais. Non, il faut que je reparte la machine!

Un bel exemple de persévérance et de détermination est celui de Frédérick Gaudreau des Prédateurs de Nashville. Souvent, c’est dans la tête que ça se passe. Avec ses efforts il a réussi à apposer sa signature au bas d’un contrat de 3 ans dans la LNH. A talent égal, un va s’entraîner à fond et l’autre va tomber dans bière ! Les jeunes devraient s’inspirer de lui!

Un autre qui m’a marqué est Philippe Graham. Quand il était midget AAA, il lançait des balles a 79 mph rendu à 26 ans sa rapide oscillait les 94 mph !

Aussi ce dont je suis fier c’est les levées de fond. Actuellement, nous sommes rendus à 180 000 $. Cette année nous devrions franchir le cap des 200 000 $. C’est l’objectif à atteindre sur 5 ans. Ma collecte se poursuit. Cet automne, je vais faire une expédition du 11 septembre au 20 novembre, au mont Everest avec une belle gang, des gens de la Montérégie. En attendant ce moment, je me tiens en sheap. Je fais des sprints, joue au dek hockey et va au mont Orford. »

« Qui t’a approché afin de t’offrir la présidence d’honneur du Tournoi du Coach ? »

« C’est Benoit Perron qui m’a contacté. Au début, je pensais que c’était pour un de mes organismes que j’ai créé comme les 3 sports ou le 24 heures hockey, mais non c’était pour m’offrir la présidence d’honneur! J’ai été surpris, mais en même temps, je me sens privilégié. Ce que je demande lors de cette journée, c’est une dizaine de minutes pour conscientiser les jeunes et faire partager ma maladie au travers du sport.

J’ai quelques amis au sein de cette organisation. Il y a Ben, Luc Létourneau  qui est en charge de la sécurité, Joey Chabot et Bruce Richardson que j’ai rencontré la saison dernière. C’est un gars super sympathique. Les Grenadiers sont bien dirigés ! »

Tout comme moi, les jeunes que je vais rencontrer le 5 septembre prochain auront des hauts et des bas dans leur vie. Ils vont avoir à vivre des épreuves. Il ne faut pas le prendre comme un échec, car dans l’adversité tu deviens plus fort. Ca débloque ces choses- là. »

Le sport dans tout ce que les gens entreprennent, c’est une façon de vivre. C’est la vie à courte échelle. Tu deviens un leader. Tu prends ta place, ta chaise ! C’est ça qui faut que tu fasses ! Que tu sois sur le premier, troisième ou quatrième trio dans une équipe, chacun à son importance, son rôle à jouer. Moi, ma chaise c’est la chimiothérapie aux deux semaines. C’est ça ou je ne suis plus ici ! »

La ligue midget AAA c’est un beau réseau de développement. Les jeunes qui auront gagné la Coupe Jimmy-Ferrari ou la Coupe Télus auront remporté quelque chose de grandiose dans leur vie.

Comme tu vois, je suis un passionné. Si je pouvais, je jouerais une saison dans une journée ! »

Pour Bruce Richardson le directeur-gérant et entraîneur-chef de l’équipe ce  choix en fut un tout à fait légitime : «  Je veux que l’édition de l’an prochain des Grenadiers  soit à l’image de Sylvain Poissant basée sur la passion le caractère et la détermination ! »

Bref, ce fut une belle expérience que de rencontrer une personne de la trempe de Sylvain Poissant. Il est une véritable source d’inspiration. En mon nom personnel, je tiens à le féliciter pour sa nomination comme président d’honneur et lui souhaiter une bonne continuité dans tout ce qu’il entreprendra.

 

Crédit photo: Maxime Maheu

Share