Brock McLeod déterminé à rattraper le temps perdu

BCShe-39-1024x789

Il y a toujours de ces nouvelles qui ne pourraient pas arriver à un pire moment. Elles nous prennent par surprise, changent nos plans, détruisent tout notre dur travail et nous poussent dans un entonnoir visiblement sans fin. Parlez-en à Brock McLeod qui, dès le premier jour de sa toute première campagne dans la LHJMQ, a dû composer avec sa plus grande épreuve de la saison : la mononucléose.

En effet, dès la fin du camp d’entraînement du Phoenix de Sherbrooke, à l’issue duquel il avait obtenu sa place au sein de la formation, Brock a commencé à se sentir fatigué. En premier lieu il croyait qu’il était simplement épuisé après le camp des recrues, mais les choses ont commencé à se détériorer bien au-delà d’une simple baisse d’énergie. C’est à ce moment que le diagnostic de la mononucléose lui est parvenu.

« J’avais vraiment eu un solide camp, je me sentais dans la meilleure forme de ma vie. Je suis retourné chez moi quelques jours avant d’entamer la saison, et avant de partir, Coach Julien m’avait passé la remarque que j’avais l’air fatigué et m’avait donné une journée de congé. Puis en arrivant chez moi, je me suis vraiment senti de plus en plus épuisé, je dormais sans arrêt et j’avais des symptômes de grippe assez importants. Quand je suis revenu à Sherbrooke et que ça s’est poursuivi, on a vraiment compris que quelque chose clochait. Après quelques tests, on a eu la confirmation de la mononucléose », raconte McLeod.

L’effet sur son jeu s’est graduellement fait sentir. La partie principale de la maladie l’a laissé mal en point, et il a graduellement perdu la confiance et le momentum bâtis au cours du calendrier préparatoire.

« Je suis arrivé au camp à un peu plus de 175 lbs pour un gars de 6’1’’, ce qui est assez correct à mon avis, mais je perdais mon énergie et ma force physique plus vite que je ne l’avais prévu. Puis ça s’est empiré, j’ai commencé à perdre du poids. Je n’avais plus la petite coche qui m’avait permis de connaître un si bon camp, même après que les symptômes soient disparus. La mononucléose prend énormément de temps à complètement disparaître et elle laisse des marques. À un certain moment, je suis même descendu sous la barre des 160 lbs », se rappelle l’attaquant maintenant âgé de 18 ans.

Brock a perdu sa place au sein de l’alignement partant, alors que l’équipe préférait le voir se reposer et rester chez lui afin de retrouver ses forces plus rapidement. Même si cela s’avérait la bonne chose à faire dans les circonstances, la frustration a commencé à s’accumuler pour le joueur de centre.

« Une fois, je suis allé voir une pratique et les coachs m’ont dit qu’ils aimeraient mieux que je retourne me coucher. Malgré tout, j’étais toujours incapable de me débarrasser de la fatigue. Quand je réussissais à dormir un bon nombre d’heures, ce n’était pas vraiment un sommeil réparateur. J’ai perdu de la masse musculaire, et je ne réussissais pas à reprendre du poids comme auparavant, peu importe la façon. Sans dire que je me sentais faible, je ne voyais pas comment j’allais réussir à m’en sortir et retrouver ma place sur l’alignement car plusieurs remplissaient bien leur rôle et gagnaient la confiance des coachs, pendant que moi je les regardais jouer, sans rien pouvoir faire pour améliorer mon sort », continue-t-il.

DruShe-17-1024x742

Il reprendra finalement sa place dans la formation à la toute fin du mois d’octobre, toujours loin de son plein rendement. Il sautera ensuite quelques matchs au passage, ajoutant à sa frustration. Il aura donc réussi deux buts et autant d’aides en 24 matchs, marquant d’ailleurs dans son dernier match avant d’être retourné chez lui au mois de janvier. Le reste de sa saison de hockey se fera avec les Wildcats de Valley dans la MJAHL.

« À ce moment, j’étais tellement frustré de la tournure des événements! Je pensais avoir une chance de finir la saison à Sherbrooke, mais vu les additions lors de la période d’échanges et la direction que prenait la saison du Phoenix, ils [les dirigeants] ont cru bon m’envoyer jouer plus près de chez moi. Au départ, j’ai reçu l’annonce comme un vote de non-confiance donc je me suis joint aux Wildcats un peu à reculons. J’ai toutefois obtenu plus de temps de glace, j’y ai récolté plus d’un point par match, et j’ai repris un peu confiance en mes moyens. Je n’étais toujours pas en grande forme mais je travaillais fort pour y arriver. Je crois que ça m’a un peu rassuré pour l’été qui s’en venait aussi », décrit le tireur gaucher.

Maintenant que cette saison de misère est derrière lui, Brock a repris l’entraînement plus tôt qu’à l’habitude cet été. Il a toutefois eu à prendre une difficile décision il y a quelques semaines à peine, alors que son programme d’entraînement était en jeu. Après mure réflexion, il a pris le risque d’éviter le bistouri, augmentant ainsi ses chances de mériter un poste à Sherbrooke.

« J’avais le choix de me faire retirer les amygdales au début du mois de juillet. Les avantages sont que je n’aurais pas été malade aussi fréquemment, que j’aurais moins souvent des maux de gorge et que je réduisais énormément les risques d’infections comme le streptocoque. J’en ai habituellement une ou deux par année et ça dure en moyenne 5 jours. D’un autre côté, si je me faisais opérer, je ne pouvais pas m’entraîner pour au minimum deux semaines, peut-être même trois. Ça venait avec une diète liquide qui n’est pas idéale non plus dans ma situation! J’ai un ami qui a choisi l’opération, et il a perdu 17 livres tout en étant inactif pour plus de 15 jours : ce n’est pas du tout quelque chose que je peux me permettre avec un poste en jeu, alors j’ai décidé de repousser à l’été prochain. Je me croise les doigts que ma santé sera bonne cette saison et que j’aurai fait le bon choix! », espère McLeod.

Après avoir broyé du noir la saison dernière, Brock se sent donc enfin de retour sur le bon chemin. Le sympathique jeune homme de Dartmouth en Nouvelle-Écosse est convaincu d’avoir ce qu’il faut pour revenir en force et à nouveau forcer les entraîneurs à lui trouver un rôle dans l’équipe.

« J’aime bien où je m’en vais avec mon entraînement! C’est certain que je pars de loin avec tout le truc de poids et de masse musculaire, mais je suis très sérieux au gymnase et sur glace. Je retrouve graduellement mes repères et plus de puissance dans mon lancer et mon coup de patin, alors je suis optimiste! Je suis aussi un des rares joueurs de centre au-dessus de 6’0’’ outre Hugo Roy avec le Phoenix alors je vais me concentrer sur cet aspect pour me démarquer et reprendre ma place », laisse-t-il entrevoir avec optimisme.

Comme il ne compte que 24 parties dans la LHJMQ, Brock est toujours admissible au camp des recrues, la limite étant située à 25 rencontres et ce, même s’il a été repêché en 2015. Il ne compte toutefois en aucun cas lever le pied, car il sait qu’il aura moins droit à la clémence de ses entraîneurs qu’un jeune tout droit sorti du repêchage, par exemple.

« Je veux leur prouver que j’ai ma place. Ce n’est pas parce que je serai le plus vieux que je vais m’épargner, au contraire! Les coachs auront un œil sévère sur moi et c’est correct! Je compte m’imposer dès le Challenge des Recrues et leur rappeler pourquoi ils m’ont gardé avec eux après le camp la saison dernière », termine l’ancien choix de quatrième tour du Phoenix.

 

Crédit photo exclusif: Vincent Levesque-Rousseau, Phoenix de Sherbrooke

Share