Le Palais des sports, un endroit spécial pour Sébastien Goulet

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Comme plusieurs jeunes sherbrookois, Sébastien Goulet a passé une bonne partie de son enfance au Palais des sports Léopold-Drolet, aréna situé tout juste devant le Cégep de Sherbrooke.

Toutefois, si plusieurs garçons et filles l’ont fréquenté avec une paire de patins aux pieds, Sébastien a plutôt préféré s’asseoir derrière le micro d’annonceur. C’est là qu’une profonde passion a pris place dans son coeur, une qui le guidera vers sa présente carrière.

«Quand j’avais environ treize ans et que je travaillais comme marqueur officiel, je me pointais très tôt le matin pour aller voir les matchs de hockey mineur. Comme il n’y avait pas d’annonceur durant les parties, j’ai demandé à un préposé de me donner accès au banc où se trouve le micro et je me suis mis à appeler les pénalités et les buts des matchs! C’était mon début dans le monde des communications, on peut dire», se souvient-il.

Puis avec le temps, Goulet se verra offrir de vraies responsabilités. Il sera annonceur durant des tournois, puis durant des matchs spéciaux, et finalement durant les matchs des Castors et Faucons dans la LHJMQ. Il sera impliqué dans de grands événements dont il gardera de précieux souvenirs.

«Je me souviens d’un match où une équipe de Kharkov en Ukraine était au Palais pour affronter les Cantonniers, en décembre 1993. On avait réussi à remplir la place avec seulement 48h de préavis. L’ambiance dans le building était complètement folle, mais cette équipe de calibre Bantam AA environ, avait rincé les Cantonniers 6-0 ou 7-0. C’était vraiment incroyable!»

Avec le temps, Sébastien a été poussé à faire des sacrifices pour poursuivre ses études à Montréal, mais il a tenté de garder son poste d’annonceur pour les matchs de la LHJMQ au meilleur de ses capacités. Il en est finalement venu à la conclusion que ça ne valait plus le coup.

«J’étais accro à ce job, mais un moment donné j’ai recalculé mes affaires et j’ai réalisé que mon revenu par match excédait à peine le coût de mes billets d’autobus pour voyager entre Sherbrooke et Montréal. Financièrement, c’était injustifiable de continuer, mais évidemment ça m’a vraiment peiné d’avoir à arrêter. J’adorais ça et je doutais que ce ne soit la fin de ma carrière d’annonceur», se remémore l’actuel employé de TVA Sports.

Même si son emploi d’annonceur sur la rue du Cégep a pris fin, Goulet a continué de rêver à un retour dans le milieu du hockey. Il a commencé par travailler dans le domaine de l’informatique entre 1999 et 2007, puis s’est réorienté vers les médias en 2008 lorsqu’il a accepté un poste comme téléscripteur, puis il s’est joint au groupe TVA en 2010. Il était entre-temps devenu l’auxiliaire de Michel Lacroix pour les matchs du Canadien en 2002, puis était retombé dans le siège d’annonceur pour différentes disciplines durant les Jeux Olympiques de 2006, 2010, 2014 et 2016. Il n’a donc jamais vraiment abandonné son objectif et a fait preuve d’une grande résilience.

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Son retour au hockey Junior est survenu lorsque Québécor a acquis les droits télévisuels de la LHJMQ, il y a de cela quelques années déjà, alors que Sébastien a accepté le poste de descripteur des matchs du circuit Courteau présentés sur TVA Sports. Il n’a toutefois clairement pas vu le poste s’offrir à lui sur un plateau d’argent.

«Ils avaient déjà fait leur choix de descripteur, mais je suis allé voir un directeur avec des démos de moi et j’ai vraiment été insistant. Quelques jours plus tard, il est venu me voir pour me dire que la job m’était offerte si je la voulais toujours. Disons que je ne me suis pas fait prier!», rigole-t-il.

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Cet emploi, qu’il occupe toujours, le passionne encore autant qu’au premier jour. Il adore visiter les amphithéâtres des différents coins de la province et en apprendre plus sur tous les joueurs qu’il voit passer devant la caméra.

«Décrire un match, c’est pas juste arriver quelques minutes avant, faire le match et s’en aller! C’est bien plus compliqué! On est live, on doit être préparé à presque tout scénario possible! Pour chaque match, je passe près de quatre ou cinq heures par équipe à faire des recherches statistiques et personnelles, à appeler et rencontrer des gens pour poser des questions sur les joueurs, et bien plus. Il faut être capable de remplir les moments de silence! Par exemple, l’an dernier en séries quand il y a eu un bris sous la glace à Rouyn, il fallait avoir quelque chose de pertinent à dire aux téléspectateurs, et non juste répéter on attend, on attend, on attend encore, on va devoir attendre, on est en attente… Ça ne passe pas!», explique Goulet en se remémorant cette longue soirée.

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Il ne se gêne évidemment pas pour rajouter de la couleur à sa description quand de belles opportunités se présentent. Le 11 décembre dernier, lors de la visite des Olympiques de Gatineau au Palais des sports, Anderson MacDonald a réussi un tour du chapeau et Goulet avait venu venir le coup. Il était déjà prêt à souligner l’exploit du jeune de 16 ans comme il se devait.

«Quand il a réussi son deuxième, j’ai dit à mon équipe technique que s’il en ajoutait un troisième, j’allais aussi donner tout un show

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’extrait suivant prouve que le sympathique descripteur est un homme de parole!

En tant que fier Sherbrookois, Sébastien est toujours content de remettre les pieds au Palais des sports. Il n’a évidemment pas pu retenir son torse de se bomber en revisitant l’édifice pour la première fois après les rénovations majeures qui ont mené aux modifications des sièges et des corridors, à l’installation de superbes galeries de presses, à l’ajout de loges modernes et bien plus encore.

«Ils ont fait des merveilles avec un budget fort raisonnable! Le Palais a très fière allure, il était temps qu’il ait sa cure de rajeunissement! Le public sherbrookois est drôlement choyé de disposer d’un si bel édifice qui a quand même gardé son authenticité du bon vieux temps des Faucons. Les couleurs, agencées avec celles du Phoenix, sont vraiment réussies.»

Malgré son attachement à la ville et à l’amphithéâtre, Sébastien Goulet n’a aucun parti pris envers le Phoenix de Sherbrooke, pas plus qu’à aucune des 17 autres équipes du circuit d’ailleurs.

«Je suis parfaitement neutre. Je ne dis pas que ce serait assurément le cas si c’était encore les Faucons ou les Castors avec les gens que j’ai connus dans mon temps, mais la réalité est que mon travail exige que je traite chaque équipe également. Les partisans sur les médias sociaux me reprochent parfois de prendre pour le camp adverse, mais c’est absolument faux. Tout ce que je peux garantir aux fans de la LHJMQ, c’est que je ne suis pas un fan de votre équipe!»

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Il a toutefois de bons souhaits pour l’organisation de sa ville natale, qui mérite une équipe gagnante.

«Sherbrooke, c’est une ville qui tient à ses équipes mais qui va surtout le démontrer dans les gros matchs, et quand elles gagnent. Le Phoenix n’a pas encore atteint ce niveau de succès qui va prendre la ville d’assaut et remplir constamment le Palais des sports Léopold-Drolet. Je dois toutefois dire qu’actuellement, les bons hommes de hockey sont en place pour réussir et de nombreux joueurs prometteurs vont se développer dans un environnement plus sain, espérons-le. Je souhaite vraiment que des salles combles comme celle de samedi dernier se reproduisent en séries», complète Sébastien Goulet.

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