Une première pour Carl Neill

Carl Neill (blanc) au camp des Canucks de Vancouver

Après une saison difficile pour le Phoenix, le capitaine Carl Neill a reçu ce qui s’est avéré un très beau prix de consolation pour la quinzième place au classement général et le bref parcours des siens en séries éliminatoires. Le défenseur québécois aura, pour la première fois de sa carrière, l’occasion d’expérimenter la vie de hockeyeur professionnel avec les Comets d’Utica, le club-école des Canucks de Vancouver.

Choix de cinquième ronde de Vancouver l’été dernier, Carl voit cette nouvelle d’un très bon œil. Celui qui a amassé plus de points que tout autre espoir des Canucks à sa position la saison dernière entend profiter de cette opportunité pour impressionner la haute direction et, qui sait, peut-être se rapprocher d’un premier contrat.

«Bien sûr, cela ne veut pas dire que je vais signer un contrat, mais ça ne peut pas nuire non plus! Quand j’ai appris la nouvelle, j’étais évidemment très fier. C’est un peu comme un baume sur les derniers mois qui ont été particulièrement difficiles», a-t-il dit quelques heures après avoir reçu l’invitation.

L’invitation envoyée à Neill est d’autant plus surprenante, sachant que les Comets n’ont pas réservé le même sort à d’autres espoirs de qualité comme Tate Olson et Guillaume Brisebois, et qu’ils n’ont plus que trois parties à jouer avant les séries. Comme Utica risque d’ailleurs fort bien d’y aller avec ses réguliers lors de la vraie saison, les chances de voir Neill à l’action sont relativement minces. Le droitier ne veut toutefois pas trop penser à tout cela et veut se concentrer sur ce qu’il a à faire.

«Je m’en vais là pour apprendre. Je vois que les Canucks ont confiance en moi et qu’ils veulent me tenir près d’eux, et c’est ce qui compte. Je ne sais pas si je vais jouer des matchs ou non, et honnêtement, c’est pas plus grave que ça. Si le coach veut m’utiliser tant mieux, sinon, je donnerai tout ce que j’ai pour laisser une bonne impression et les convaincre de me donner ma chance, même si c’est la saison prochaine», résume l’ancien choix de première ronde des Foreurs.

Le capitaine du Phoenix sait que ses chances sont minces, mais son objectif ultime est d’amorcer la prochaine campagne dans la Ligue Américaine. Neill est toutefois très familier avec le rôle de négligé, lui qui a fait face à plusieurs défis au cours des dernières années. Il y a deux ans, le défenseur terminait sa deuxième saison dans la LHJMQ le moral dans les talons et ratait sa première occasion d’être repêché dans la LNH. En consolation, ce dernier s’était déniché une invitation au camp des recrues des Flames de Calgary, duquel il est rapidement revenu après que les médecins aient décelé une malformation au cœur chez lui. Finalement, le vent a tourné. Quelques mois plus tard, il recevait l’appel le plus important de sa vie alors que bien peu avaient son nom sur leur liste en vue du repêchage.

«J’aimerais vraiment commencer la prochaine saison en haut. C’est à moi de faire ce qu’il faut pour arriver au camp au meilleur de ma forme, et forcer la main de la direction des Canucks. Si je réussis à monter pro, c’est parfait, mais je ne me plaindrai pas si je reviens à Sherbrooke. L’équipe aura besoin de moi, parce que le Phoenix veut repartir sur de nouvelles bases et je sais que les vétérans comme moi serons très importants dans la transition», entrevoit le numéro 32.

Parlant des Oiseaux, Neill a été choqué d’apprendre que son partenaire à la ligne bleue Jérémy Roy ne sera pas de retour l’an prochain, lui qui sera officiellement transigé à l’Armada lors de l’ouverture de la période des transferts. Selon lui, il y a un important message au-delà de la transaction elle-même, et le visage de l’équipe sera drastiquement différent au début du prochain camp d’entraînement.

«L’échange de Jay [Jérémy] est toute une nouvelle pour le Phoenix. Il était un de nos meilleurs joueurs, sinon le meilleur lorsqu’il était en santé. Voir Jocelyn échanger un joueur de ce niveau veut dire beaucoup. Je ne sais pas ce qui se disait entre lui et la direction, donc j’étais bien sûr très surpris. On veut que les choses changent l’an prochain, c’est clair. Je crois que c’est la première étape en vue d’une nouvelle mentalité qu’on souhaite établir au sein de l’équipe, qui va d’ailleurs être très différente l’an prochain avec les départs de [Guillaume] Gauthier, [Nate] Halbert, [Anthony] Chapados, [Kay] Schweri et probablement celle de Dan Audette», réfléchit-il.

 

Crédit photo: www.independentsportsnews.com

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